Vendredi 18h30, le départ de l'UTMB 2010 est lancé à Chamonix. Malgré la pluie qui tombe par intermittence, une ambiance de folie accompagne ce départ. Les gens qui crient, les gamins qui veulent vous toucher les mains, la sono qui hurle...J'ai mis plus de 7 min à pouvoir courir tellement la foule compresse le flot de coureurs. Sur 42 heures prévues, pas d'inquiétude.
Je profite de ce bain de foule pour faire le plein de sensations positives. Tel l'écureuil moyen, je stocke en prévision de périodes beaucoup moins chaleureuses.
C'est un peu fatigué que j'entame cette course. La nuit précédente n'avait pas été très bonne. Les tendons aux genoux n'avaient pas pu se faire oublier avant ce départ et avaient contribué à m'inquiéter quelque peu quant à mes chances de réussite.
Toute la pré-course avait été minutieuse, tranquille, presque mécanique. Analyses des conditions météo, répartition de l'alimentation dans le sac, straping de la cheville, élasto sur les zones de frottement, rien n'avait été oublié.
Dès les premiers kilomètres, et malgré la pluie qui redoublait, je sentais que chaque pièce du puzzle se mettait en place. Les automatismes acquis lors des nombreuses sorties longues s'installaient les uns après les autres. Pas de mouvements parasites, une foulée décontractée et maitrisée, un bien-être global, aucune erreur perçue pour l'instant.
Arrivé aux Moussoux, je tenais absolument à saluer les amis qui m'ont choyé pendant ces dernières 24h et qui m'ont permis de me présenter serein sur le départ. "Bonne nuit" leur crias-je en passant.
La pluie de plus en plus forte ne me gênait à peine tellement j'étais "dedans" comme on dit dans le milieu.
Arrivé aux Houches, j'avais quelques minutes d'avance. Je décide de ne pas m'arrêter au ravitaillement, mais plutôt un peu plus loin pour ne pas subir la foule. Je mange mon premier gel et sort les bâtons en prévision de la première montée. Le tout fort décontracté.
Première montée. Je m'accroche rapidement sur un rythme de croisière. Seule obsession pour moi, laisser le rythme cardiaque dans le fond. J'arrive au sommet frais comme une rose. Je prends quelques minutes pour regarder ce paysage qui nous entoure. Les masses de nuages se disputent la vedette avec les glaciers. Pourtant une belle lueur et un vent doux rendent ces premiers instants nocturnes plutôt agréables.
Je passe en tenue de nuit mode SaintéLyon. J'échange la casquette avec le bandana. J'allume la frontale que j'avais pris soin de laisser accessible et j'entame la descente avec beaucoup de vigilance.
21h30, ma voisine du moment m'informe qu'on peut lâcher. "La course est arrêtée à Saint Gervais, mon mari vient de me prévenir". NONNNNN, c'est pas possible !!! L'UTMB arrêté. Comment c'est possible ! "Oui, tout le monde rentre chez soi, c'est fini", "Mais, pourquoi ?", "Je ne sais pas, météo, poche d'eau, coulée de boue...". Personne n'y croit. La nouvelle se répand dans tous les "S" du single que nous sommes en train de fouler. Pourtant, nous continuons, nous maintenons notre rythme comme-ci tout cela était faux !
Arrivé à Saint-Gervais, la sono confirme : "Compte-tenu des conditions météo, la course est annulée, nous vous invitons à rejoindre la salle des sports pour vous rassembler. Pour ceux qui le peuvent, rentrez par vos propres moyens, pour les autres, patientez, nous organisons actuellement le retour sur Chamonix. Les dossards devront être remis demain au centre sportif de Chamonix."
La suite est sur beaucoup de forum de course. Je passe donc la main.
Déception évidemment, mais rien de grave. La course reste un loisir. Dans cette discipline la météo est un des paramètres avec lequel nous devons composer. L'organisation a su assurer notre sécurité et a fait le maximum pour nous rendre ce moment le moins désagréable possible. C'est le principal. Les cafouillages de communication sont sécondaires...
Peut-être l'année prochaine ? Qui sait ?
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire